ARAGON/LA BEAUTE DU DIABLE //ILLUSTRATIONS

Publié le par valérie

Comme si tout n'était pas assez difficile   , voici  que  l'homme doit compter avec la "veillesse" !

à peine le temps de savoir  qui l'on est  de savoir ce qu'on veut  et d'avoir appris à aimer ! boum patatras !

voici  qu'on  s'est approché  de l'automne de notre vie  , c'est pas qu'on ait vraiment peur de crever , mais on commençait juste à s'amuser  que le temps , ce salopard, déboule avec sa bande de créanciers , ses  "hommes de main" . D'abord pour marquer le coup  et bien te faire comprendre  à quel point tu n'es rien,  ces gros balours d'envoyés de la faucheuse , te flanquent une raclée que t'oublieras jamais : c'est  ton premier "coup" de vieux : quelques rides autour de tes yeux , et les dés sont jetés , c'est le compte à rebours .

fini de croire aux miracles ! un jour  je serai veille et défigurée ,  plus personne ne me regardera   , il n'y  aura plus ces mecs trop lourds qui sifflent   quand tu passes  , il n'y aura plus cette certitude  phénoménale , ce pouvoir supréme  de savoir que toutes façons , ta beauté  fraiche  et implacable  aura raison de tout .

j'aurais plus envie d'aimer et ce sera mortel .



qui oserait soutenir , que le  concept de sagesse, n'est pas une sorte de lot de consolation ?  


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une chose qui nous fasse exister en dépit d'une chute . Est-ce vraiment aussi minimal qu'une simple consolation ?!



ARAGON : LA BEAUTE DU DIABLE

Jeunes gens le temps est devant vous comme un cheval échappé

Qui le saisit à la crinière entre ses genoux qui le dompte

N’entend désormais que le bruit des fers de la bête qu’il monte

Trop à ce combat nouveau pour songer au bout de l’équipée
 

Jeunes gens le temps est devant vous comme un appétit précoce

Et l’on ne sait plus que choisir tant on se promet du festin

Et la nappe est si parfaitement blanche qu’on a peur du vin
Et de l’atroce champ de bataille après le repas des noces
 
Celui qui croit pouvoir mesurer le temps avec les saisons
Est un vieillard déjà qui ne sait regarder qu’en arrière
On se perd à ces changements comme la roue et la poussière

Le feuillage à chaque printemps revient nous cacher l’horizon

 

Que le temps devant vous jeunes gens est immense et qu’il est court

A quoi sert-il vraiment de dire une telle banalité

Ah prenez-le donc comme il vient comme un refrain jamais chanté

Comme un ciel que rien ne gêne une femme qui dit Pour toujours
 
Enfance Un beau soir vous avez poussé la porte du jardin
Du seuil voici que vous suivez le paraphe noir des arondes
Vous sentez dans vos bras tout à coup la dimension du monde
Et votre propre force et que tout est possible soudain
 
Ecarquillez vos yeux ne laissez pas perdre cette minute
Je l’entends votre rire au paysage découvert J’entends
Dans votre rire et votre pas l’écho des pas d’antan

Une autre fois la clameur des jeux qui devient le cri des luttes

 
Une autre fois la possession qui commence Une autre fois
Ce plaisir de l’épaule à l’image du pont passant les fleuves
Cette jubilation de l’effort à raison de l’épreuve
La nuit qui se fait plus profonde à la nouveauté de la voix
 
Tu ne te reconnais guère au petit matin dans les miroirs

Avant que la vie ait repris descends dans la fraîcheur des rues

Il n’y a plus qu’un peu de brume où tremble un passé disparu

Un vent léger a mis eu fuite le dernier journal du soir
 

C’est l’heure où chaque chose de lumière à toi seul est donnée

C’est l’heure où ce qu’on dit semble aussitôt occuper tout l’espace

Elle a pour toi le yeux sans fard de toutes les femmes qui passent

Regarde bien vers toi venir amoureusement la journée
 
 
Petite clarté saute saute
Dans les yeux des jeunes gens
La marée est toujours haute
Toujours le péril urgent
Toujours le bonheur en cause
Toujours c’est la tombola
On n’y gagne que des roses
On y perd son matelas
Toujours le ciel en eau trouble
Passez muscades passez
Toujours toujours quitte ou double
Et-jamais jamais assez
 

Ils ne sauront que bien plus tard le prix passager de cette heure

Je me souviens de ce parfum pourtant sans cesse évanoui
Je peux avec les yeux ouverts retrouver mon coeur ébloui
Je me souviens de ma jeunesse au seul spectacle de la leur
 
Je me souviens





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Commenter cet article
V
c'est différent !! c'est pas des rides c'est toute la beauté de ton sourire et de tes yeux qui se plissent !des rides ! à ton age ! fou toi de moi !j'avais dit que c'était des rides pour pas avoir à expliquer des trucs inexplicables ...
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V
... tu me fais dire des trucs stupides , sur un sujet qui m'importe
V
"quelques rides autour de tes yeux , et les dés sont jetés , c'est le compte à rebours ." tu as écrit.Pourtant c'est pas ce que tu m'as dit quand je t'ai fait remarqué les miennes!!!!
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