ARAGON/LA BEAUTE DU DIABLE //ILLUSTRATIONS
à peine le temps de savoir qui l'on est de savoir ce qu'on veut et d'avoir appris à aimer ! boum patatras !
voici qu'on s'est approché de l'automne de notre vie , c'est pas qu'on ait vraiment peur de crever , mais on commençait juste à s'amuser que le temps , ce salopard, déboule avec sa bande de créanciers , ses "hommes de main" . D'abord pour marquer le coup et bien te faire comprendre à quel point tu n'es rien, ces gros balours d'envoyés de la faucheuse , te flanquent une raclée que t'oublieras jamais : c'est ton premier "coup" de vieux : quelques rides autour de tes yeux , et les dés sont jetés , c'est le compte à rebours .
fini de croire aux miracles ! un jour je serai veille et défigurée , plus personne ne me regardera , il n'y aura plus ces mecs trop lourds qui sifflent quand tu passes , il n'y aura plus cette certitude phénoménale , ce pouvoir supréme de savoir que toutes façons , ta beauté fraiche et implacable aura raison de tout .
j'aurais plus envie d'aimer et ce sera mortel .
qui oserait soutenir , que le concept de sagesse, n'est pas une sorte de lot de consolation ?

une chose qui nous fasse exister en dépit d'une chute . Est-ce vraiment aussi minimal qu'une simple consolation ?!

Jeunes gens le temps est devant vous comme un cheval échappé
N’entend désormais que le bruit des fers de la bête qu’il monte
Jeunes gens le temps est devant vous comme un appétit précoce
Et l’on ne sait plus que choisir tant on se promet du festin
Le feuillage à chaque printemps revient nous cacher l’horizon
Que le temps devant vous jeunes gens est immense et qu’il est court
Ah prenez-le donc comme il vient comme un refrain jamais chanté
Une autre fois la clameur des jeux qui devient le cri des luttes
Avant que la vie ait repris descends dans la fraîcheur des rues
Il n’y a plus qu’un peu de brume où tremble un passé disparu
C’est l’heure où chaque chose de lumière à toi seul est donnée
C’est l’heure où ce qu’on dit semble aussitôt occuper tout l’espace
Elle a pour toi le yeux sans fard de toutes les femmes qui passent
Ils ne sauront que bien plus tard le prix passager de cette heure