Tout ce que je voulais c'est
rester dans ta traceComme on cherche à rester ou tombe le soleil
Quand le froid mordant d'un ciel sans menace
Vous perfore les oreilles.
Rester;dans le tissu de toi, traqueur de toutes les failles de toutes les issues
Dont je sais que je te trouverai assis devant la portes des nues .
Mille fois, goujat, T'as piétiné l'enjeu, arrogant malicieux;
Tant de fois, j'ai aimé d'autres, cher, et jeté ma colère à ton « je » impassible
Lâché l'encre du trouble pour te voir moins paisible
Insinué l'anamour pour qu'enfin tu supplies ! Toi, si altier toujours !
J'ai voulu que ton âme lésine à entendre tout c' qui ne parle pas de notre ère
Paradoxe par lequel toutes ces choses qui tenteraient à t'éloigner de moi
Te ramènent jusqu'à nous, manége à mille tours
Tout ce que je voulais que tu veuilles de moi
S'infinit çà et là
C'est inscrit dans les réseaux des feuillages nerveux
Dans les ruines, sous les cieux,
Dans les bouges, les hauts lieux, les ruelles aux ombres criminelles.
Les arbres enflammés d'octobre, et l'été qui nous mord la peau .
Dans le froid des aurores et les cernes qu'elle laisse sous nos yeux.
Et, quand rien ne voile cet azur dans les tiens, défiant tous les profonds ,
Quand, vrai, tu me regardes d'intense feu de marine, s'offre à moi le plongeon
Surtout ne t'étonnes pas, mon air loin soudain trop rêveur
M'arrive de ton regard sage et bravache, tel crépuscule d'enfance,
qui m'envoie t'voir ailleurs
Et j'aime à lézarder au fond de tes prunelles
Que j'y boive la tasse ou que je t'y explore à la brasse
J'ai goûté l'émotion absolue
Celle qui est d'ocre et bleue, vivante soie de passion
Qui nous sied tellement
Dans ce monde invisible ou je suis invincible.
Toi, dont la présence est le révélateur de ma plus noble essence
Toi qui mis mes maux à mal, vois : je doute de mes doutes, et sur le fil du temps, même en dégringolant je dessine mon atoll,
Voir mes plaies à terre, ça m'a remise debout.
Toi qui m'a tendu la main quand je n'avais plus ni maison ni raison
Toi qui sut m'offrir cet espace clair ou l'on apprend l'envol
Toi qui as donné une terre sacrée à mes racines folles
Et de ma tourmente fait nos fous rires et mon éveil
Toi, sans autre façon que l'amour, tu as posé tes mains là ou je n'avais que mal, et désir par-delà
Mon sourire, le vrai, il est né dans tes bras
Je me souviens de toi .
Je me souviens des accords sismiques
De notre amour anatomique
Indélébile ta trace
De toi je garde la marque .
Tu étais là, et nous avons partagé tant de joie
Je m'en souviens
Comme je me souviens d'une saison
Un automne indien que j'aurais du kidnapper
Dont j'aurais du craindre la fin
De tes lèvres vermeilles sur ton sourire jamais éteint
Le renflement de tes épaules ambrées, je m'en souviens
Comme si c'était demain,
Comme d'un lointain voyage.
Tu m'auras appris à ne pas même avoir le regret,
D'avoir vu la fin s' imposer
couperet sans passion .



















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