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Vendredi 28 mars 5 28 /03 /Mars 23:56

**LISTE**Épigraphe pour un livre condamné*** les métamorphoses du vampire Madrigal triste***Delphine et Hyppolite***Les bijoux***les  lithanies de satan ***



 EXTRAIT DU REQUISITOIRE D'ERNEST PINARD  1857  :  croyant le condamner  monsieur "pinard"   a su saisir  toute l'essence de la poèsie baudelairienne , et 2 siecles plus tard , son réquisatoire sonne comme  un hommage !

 


 Baudelaire n'appartient pas à une école. Il ne relève que de lui-même. Son principe, sa théorie, c'est de tout peindre, de tout mettre à nu. Il fouillera la nature humaine dans ses replis les plus intimes ; il aura, pour la rendre, des tons vigoureux et saisissants, il l'exagérera surtout dans ses côtés hideux ; il la grossira outre mesure, afin de créer l'impression, la sensation. Il fait ainsi, peut-il dire, la contrepartie du classique, du convenu, qui est singulièrement monotone et qui n'obéit qu'à des règles artificielles. ....
....Le législateur a inscrit dans nos codes le délit d'offense à la morale publique ....a donné au pouvoir judiciaire une autorité discrétionnaire pour reconnaître si cette morale est offensée, si la limite a été franchie. Le juge est une sentinelle qui ne doit pas laisser passer la frontière. Voilà sa mission ...

....

...Croit-on que certaines fleurs au parfum vertigineux soient bonnes à respirer ? Le poison qu'elles apportent n'éloigne pas d'elles ; il monte à la tête, il grise les nerfs, il donne le trouble, le vertige, et il peut tuer aussi.
Dans ces pièces multiples où l'auteur s'évertue à forcer chaque situation comme s'il tenait la gageure de donner des sens à ceux qui ne sentent plus, messieurs, vous qui êtes juges, vous n'avez qu'à choisir. Le choix est facile, car l'offense est à peu près partout.


Messieurs, je crois avoir cité assez de passages pour
affirmer qu'il y a eu offense à la morale publique. Ou le sens de la pudeur n'existe pas, ou la limite qu'elle impose a été audacieusement franchie.

  voyez comme ses arguments  condanmant "l'ammoralité et l'insalubrité publiques" !  confirment et même, s'appuient , sur le talent évocatoire de Baudelaire ! Pinard  affirme  que "les limites ont étés franchies", par cet auteur "inquiet et déséquilibré "  qui "tenait la gageure de donner un sens à ceux qui ne sentent plus"****  que "ces fleurs   sont un  poison vertigneux" dont   même "l"homme fait" n'est pas à l'abri . Ce qu'il tient pour outrageux c'est que Baudelaire s'attache à dévoiler "l'âme humaine dans ses replis les plus intimes ".
...Peut-on faire plus  subtiles  critiques !

jugement du 21 aout 1957 condamnant Baudelaire  à 300 francs d'amende , ainsi que la supression de 7 "pieces "


Les Fleurs du mal - Appendices
NOUVELLES FLEURS DU MAL
Épigraphe pour un livre condamné

Épigraphe pour un livre condamné
Lecteur paisible et bucolique,
Sobre et naïf homme de bien,
Jette ce livre
saturnien,
Orgiaque et mélancolique.

Si tu n'as fait ta rhétorique
Chez Satan, le rusé doyen,
Jette ! tu n'y comprendrais rien ;
Ou tu me croirais hystérique.

Mais si, sans se laisser charmer,
Ton œil sait plonger dans les gouffres,
Lis-moi, pour apprendre à m'aimer ;

Âme curieuse qui souffres
Et vas cherchant ton paradis,
Plains-moi !... sinon, je te maudis !


Les Fleurs du mal
PIÈCES CONDAMNÉES
Les Métamorphoses du vampire


Les Métamorphoses du vampire
La femme cependant, de sa bouche de fraise,
En se tordant ainsi qu'un serpent sur la braise,
Et pétrissant ses seins sur le fer de son busc,
Laissait couler ces mots tout imprégnés de musc :
- « Moi, j'ai la lèvre humide, et je sais la science
De perdre au fond d'un lit l'antique conscience.
Je sèche tous les pleurs sur mes seins triomphants,
Et fais rire les vieux du rire des enfants.
Je remplace, pour qui me voit nue et sans voiles,
La lune, le soleil, le ciel et les étoiles !
Je suis, mon cher savant, si docte aux voluptés,
Lorsque j'étouffe un homme en mes bras redoutés,
Ou lorsque j'abandonne aux morsures mon buste,
Timide et libertine, et fragile et robuste,
Que sur ces matelas qui se pâment d'émoi,
Les anges impuissants se damneraient pour moi ! »

Quand elle eut de mes os sucé toute la mœlle,
Et que languissamment je me tournai vers elle
Pour lui rendre un baiser d'amour, je ne vis plus
Qu'une outre aux flancs gluants, toute pleine de pus !
Je fermai les deux yeux, dans ma froide épouvante,
Et quand je les rouvris à la clarté vivante,
À mes côtés, au lieu du mannequin puissant
Qui semblait avoir fait provision de sang,
Tremblaient confusément des débris de squelette,
Qui d'eux-mêmes rendaient le cri d'une girouette
Ou d'une enseigne, au bout d'une tringle de fer,
Que balance le vent pendant les nuits d'hiver.





























DELPHINE ET HIPPOLYTE

À la pâle clarté des lampes languissantes,
Sur de profonds coussins tout imprégnés d'odeur
Hippolyte rêvait aux caresses puissantes
Qui levaient le rideau de sa jeune candeur.

Elle cherchait, d'un œil troublé par la tempête,
De sa naïveté le ciel déjà lointain,
Ainsi qu'un voyageur qui retourne la tête
Vers les horizons bleus dépassés le matin.

De ses yeux amortis les paresseuses larmes,
L'air brisé, la stupeur, la morne volupté,
Ses bras vaincus, jetés comme de vaines armes,
Tout servait, tout parait sa fragile beauté.

Étendue à ses pieds, calme et pleine de joie,
Delphine la couvait avec des yeux ardents,
Comme un animal fort qui surveille une proie,
Après l'avoir d'abord marquée avec les dents.

Beauté forte à genoux devant la beauté frêle,
Superbe, elle humait voluptueusement
Le vin de son triomphe, et s'allongeait vers elle,
Comme pour recueillir un doux remerciement.

Elle cherchait dans l'œil de sa pâle victime
Le cantique muet que chante le plaisir,
Et cette gratitude infinie et sublime
Qui sort de la paupière ainsi qu'un long soupir.

- « Hippolyte, cher cœur, que dis-tu de ces choses ?
Comprends-tu maintenant qu'il ne faut pas offrir
L'holocauste sacré de tes premières roses
Aux souffles violents qui pourraient les flétrir ?

Mes baisers sont légers comme ces éphémères
Qui caressent le soir les grands lacs transparents,
Et ceux de ton amant creuseront leurs ornières
Comme des chariots ou des socs déchirants ;

Ils passeront sur toi comme un lourd attelage
De chevaux et de bœufs aux sabots sans pitié...
Hippolyte, ô ma sœur ! tourne donc ton visage,
Toi, mon âme et mon cœur, mon tout et ma moitié,

Tourne vers moi tes yeux pleins d'azur et d'étoiles !
Pour un de ces regards charmants, baume divin,
Des plaisirs plus obscurs je lèverai les voiles,
Et je t'endormirai dans un rêve sans fin ! »

Mais Hippolyte alors, levant sa jeune tête :
- « Je ne suis point ingrate et ne me repens pas,
Ma Delphine, je souffre et je suis inquiète,
Comme après un nocturne et terrible repas.

Je sens fondre sur moi de lourdes épouvantes
Et de noirs bataillons de fantômes épars,
Qui veulent me conduire en des routes mouvantes
Qu'un horizon sanglant ferme de toutes parts.

Avons-nous donc commis une action étrange ?
Explique, si tu peux, mon trouble et mon effroi :
Je frissonne de peur quand tu me dis : ‹ Mon ange ! ›
Et cependant je sens ma bouche aller vers toi.

Ne me regarde pas ainsi, toi, ma pensée !
Toi que j'aime à jamais, ma sœur d'élection,
Quand même tu serais une embûche dressée
Et le commencement de ma perdition ! »

Delphine secouant sa crinière tragique,
Et comme trépignant sur le trépied de fer,
L'œil fatal, répondit d'une voix despotique :
- « Qui donc devant l'amour ose parler d'enfer ?

Maudit soit à jamais le rêveur inutile
Qui voulut le premier, dans sa stupidité,
S'éprenant d'un problème insoluble et stérile,
Aux choses de l'amour mêler l'honnêteté !

Celui qui veut unir dans un accord mystique
L'ombre avec la chaleur, la nuit avec le jour,
Ne chauffera jamais son corps paralytique
À ce rouge soleil que l'on nomme l'amour !

Va, si tu veux, chercher un fiancé stupide ;
Cours offrir un cœur vierge à ses cruels baisers ;
Et, pleine de remords et d'horreur, et livide,
Tu me rapporteras tes seins stigmatisés...

On ne peut ici-bas contenter qu'un seul maître ! »
Mais l'enfant, épanchant une immense douleur,
Cria soudain : - « Je sens s'élargir dans mon être
Un abîme béant ; cet abîme est mon cœur !

Brûlant comme un volcan, profond comme le vide !
Rien ne rassasiera ce monstre gémissant
Et ne rafraîchira la soif de l'Euménide
Qui, la torche à la main, le brûle jusqu'au sang.

Que nos rideaux fermés nous séparent du monde,
Et que la lassitude amène le repos !
Je veux m'anéantir dans ta gorge profonde,
Et trouver sur ton sein la fraîcheur des tombeaux ! »

- Descendez, descendez, lamentables victimes,
Descendez le chemin de l'enfer éternel !
Plongez au plus profond du gouffre, où tous les crimes,
Flagellés par un vent qui ne vient pas du ciel,

Bouillonnent pêle-mêle avec un bruit d'orage.
Ombres folles, courez au but de vos désirs ;
Jamais vous ne pourrez assouvir votre rage,
Et votre châtiment naîtra de vos plaisirs.

Jamais un rayon frais n'éclaira vos cavernes ;
Par les fentes des murs des miasmes fiévreux
Filtrent en s'enflammant ainsi que des lanternes
Et pénètrent vos corps de leurs parfums affreux.

L'âpre stérilité de votre jouissance
Altère votre soif et roidit votre peau,
Et le vent furibond de la concupiscence
Fait claquer votre chair ainsi qu'un vieux drapeau.

Loin des peuples vivants, errantes, condamnées,
À travers les déserts courez comme les loups ;
Faites votre destin, âmes désordonnées,
Et fuyez l'infini que vous portez en vous !



william Blake "pity"

Les Fleurs du mal

PIÈCES CONDAMNÉES
Les Bijoux


les Bijoux

La très chère était nue, et, connaissant mon cœur,
Elle n'avait gardé que ses bijoux sonores,
Dont le riche attirail lui donnait l'air vainqueur
Qu'ont dans leurs jours heureux les esclaves des Mores.

Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,
Ce monde rayonnant de métal et de pierre
Me ravit en extase, et j'aime à la fureur
Les choses où le son se mêle à la lumière.

Elle était donc couchée et se laissait aimer,
Et du haut du divan elle souriait d'aise
À mon amour profond et doux comme la mer,
Qui vers elle montait comme vers sa falaise.

Les yeux fixés sur moi, comme un tigre dompté,
D'un air vague et rêveur elle essayait des poses,

Et la candeur unie à la lubricité
Donnait un charme neuf à ses métamorphoses ;

Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins,
Polis comme de l'huile, onduleux comme un cygne,
Passaient devant mes yeux clairvoyants et sereins ;
Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne,

S'avançaient, plus câlins que les Anges du mal,
Pour troubler le repos où mon âme était mise,
Et pour la déranger du rocher de cristal
Où, calme et solitaire, elle s'était assise.

Je croyais voir unis par un nouveau dessin
Les hanches de l'Antiope au buste d'un imberbe,
Tant sa taille faisait ressortir son bassin.
Sur ce teint fauve et brun, le fard était superbe !

 Et la lampe s'étant résignée à mourir,
Comme le foyer seul illuminait la chambre,
Chaque fois qu'il poussait un flamboyant soupir,
Il inondait de sang cette peau couleur d'ambre !

judith et holopherne , Véronèse

nu-au-rideau-rouge.jpg
Par valérie - Publié dans : mes PAGES D'HISTOIRE
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flute des vertébres/ maïkosky



complot bronswick chante
Maïkosvky

"la flute des vertébres"

par ici la musique

vous ecoutez
le
ronflement de l'ordi

la musique sublime nos passions .

BAUHAUS SEVERENCE
     

eiffel extrait de l'album tandoori

qu'ai-je donc à donner



A LIRE !
rien n'est pour de vrai
Si en dévalant la colline
Tu cavales un peu trop
A trébucher sur les Ondines
Qui longent le bord des ruisseaux
Dis leur qu'ici c'est la machine
Un voyage au bout du médiocre
Que c'est un mal du pays qui mine
Celui du commerce de l'autre

Et que rien n'est pour de vrai

Si tu t'envoles en bicyclette
Dans une tasse d'anis étoilé
Comme le calme après la tempête
Peut aussi atteindre des sommets
Reviens faire un tour près du coeur
Au bout des âmes longilignes
Il y a le corps des âmes soeurs
Et la promesse d'une aube un peu plus digne

Même si rien n'est pour de vrai

Si ce n'est un rêve de misère
Et des bas-fonds qui virent et voltent
Des tiroirs-caisses pas loin les colts
Ou des écrans totalitaires
Rien n'est pour de vrai

Alors à cloche-pied on bouge
Au lendemain des nuits d'ivresse
Lorsque les dollars se dédoublent
Au grés des mouvements de leurs fesses
Peut-être bien quelques doigts d'honneur
Adressés à la race des salauds
Qui font leurs soldes, qui font leur beurre
Au clac de la tristesse à la foire au bestiaux

Rien n'est pour de vrai

Puisque l'on ne rêve pas sa vie
Mais que c'est elle qui nous rêve
Il nous faudra chercher sans trêve
Dans ses recoins les plus jolis
Puisque les cheminées d'usines
Crachent de longue leurs langues de déprimes
Puisque le malheur est malin
A prendre l'allure d'un bonheur feint 
                                                    

exceptions , atypiques , idéalistes ,  réveurs , créateurs de touts acabits , seigneurs et princesses , (en guenilles s'il vous plait, pour le trésor véritable, de ceux qui furent déshérités   )! vous tous dont le coeur bat parfois trop fort pour un "rien" vous dit-on . vous dont on dit que vous êtes" fous , bizarre, spécial, " et tous ces adjectifs qui ternissent l'éclat des âmes , parceque avoir des trésors invisibles , l'âme  lavée  par les ressacs de la douleur  , vraiment ce n'est pas vendeur  , et c'est même encombrant . vous qui souriez en lisant ces mots ,et même si vous ne souriez pas ! BONJOUR, restez encore un peu si le coeur vous en dit

  karen ann:
lay down on your head



huiles , faites la premiére année de ma conversion
à la peinture ...

avant les questions
avant les doutes
avant le regard des autres
avant la culpabilité du temps...
... perdu à peindre

etc..
premiére toile ! détail
2001






















2003














****découvrir****
bahaus burning from the inside
*********
bahaus king volcano (instrumental)
portishead
king volcano






"il serait temps de remettre la technique à sa place : d'abord vient le dessin , la techniqu
e suit "
Franklin











2003




















Profil

  • musique humour dessin rock dessins
  • dans le vif
  • valérie
  • Femme
  • diléttante solitaire sur une lune de conscience. la lucidité est mon brasier . mon être n'est qu'une blessure et une rennaissance éternelle ; l'amour , la révolte , mon paradoxe .
 
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